La partie la plus connue est la moins utile
Aucune autre partie de cette plante n’est aussi connue et aussi peu précieuse. La feuille en forme de main circule dans le monde entier comme signe, et c’est précisément elle qui porte le moins de tout ce pour quoi la plante est cultivée.
Cette page décrit comment la feuille est construite, pourquoi le nombre de ses folioles change, pourquoi le symbole en montre malgré tout toujours sept, et quelle partie du feuillage est réellement transformée.
Comment la feuille est construite
Quatre caractéristiques qui la distinguent de presque toute autre feuille.
Elle est palmée composée
Plusieurs folioles distinctes partent d’un même point à l’extrémité du pétiole, comme les doigts d’une main. En botanique on appelle cette forme palmée, et elle n’est pas particulièrement répandue.
Les bords sont dentés
Chaque foliole porte des dents pointues des deux côtés, réparties régulièrement sur le bord. Avec la forme en main, cela donne la silhouette que tout le monde reconnaît.
Les feuilles sont d’abord opposées
Aux nœuds inférieurs, les feuilles se font face deux à deux ; plus haut, elles passent à une disposition alternée. Le changement coïncide avec le début de la floraison et constitue un repère utile.
Le dessous est plus clair
Face supérieure et face inférieure diffèrent nettement en couleur et en pilosité. C’est sur le dessous que se trouvent aussi les fins poils, dont une partie appartient aux glandes.
Pourquoi le nombre de folioles change
Ce n’est pas une caractéristique fixe mais une question de développement.
Les premières feuilles en ont une
La première vraie feuille d’une plantule porte une seule foliole. Elle ne ressemble pas du tout à l’image connue, et c’est pourquoi on ne la représente presque jamais.
Viennent ensuite trois, cinq, sept
À chaque nœud supplémentaire, le nombre augmente par pas impairs tant que la plante croît. Sept et neuf sont courants sur une plante vigoureuse en phase de croissance.
Vers le haut, le nombre redescend
En floraison, la progression s’inverse : les feuilles situées près des inflorescences n’en portent plus que trois, voire une. La même plante présente donc toutes les variantes en même temps.
Onze et treize existent
Sur des plantes très vigoureuses et chez certaines lignées apparaissent des feuilles de onze folioles ou plus. Elles témoignent de la vigueur et de rien d’autre.
Pourquoi le symbole en montre toujours sept
Une décision graphique, pas botanique.
Sept est symétrique
Un nombre impair permet une foliole centrale, la plus longue, avec autant de voisines de chaque côté. Cinq paraît maigre, neuf devient confus, et sept tombe au milieu.
Sept reste reconnaissable
La forme reste identifiable même imprimée petit et fortement simplifiée. Pour un signe qui doit fonctionner sur des autocollants et des écrans, c’est le point décisif.
Ce n’est pas le nombre le plus fréquent
Sur une plante en croissance, cinq et neuf sont au moins aussi courants que sept. Le symbole représente donc une possibilité et non une moyenne.
Et il montre souvent la mauvaise feuille
Les feuilles représentées sont généralement larges et courtes, ce qui correspond à un groupe particulier. Chez les lignées à folioles étroites, la feuille a une tout autre allure.
Quelles feuilles existent
La distinction qui compte économiquement.
Les grandes feuilles en éventail
Les feuilles voyantes à long pétiole sur la tige servent à capter la lumière. Elles portent très peu de glandes et sont pratiquement sans valeur pour la transformation.
Les petites feuilles autour de la fleur
Entre et autour des inflorescences poussent de petites feuilles nettement plus riches en glandes. Elles sont retirées au parage et constituent précisément pour cela une matière première utilisable.
Les bractées de la fleur
La structure qui forme la fleur proprement dite est elle aussi, botaniquement, une feuille transformée. C’est sur elle que se trouve la plus forte densité de glandes de toute la plante.
Les cotylédons
Les deux premières feuilles rondes d’une plantule appartiennent à la graine et non au feuillage ultérieur. Elles tombent tôt et ne jouent aucun rôle dans la suite.
Pourquoi les grandes feuilles valent si peu
Quatre raisons qui expliquent tout l’écart de prix.
Elles portent très peu de glandes
Les glandes résineuses se concentrent sur la fleur et les petites feuilles alentour. Sur une feuille en éventail, il y en a si peu qu’une séparation n’est pas rentable.
Elles contiennent beaucoup d’eau et de fibres
Ce qu’elles ont de masse est constitué de tissu foliaire et d’eau. Après séchage il reste peu, et ce peu ne contient presque rien d’exploitable.
Elles apportent de la chlorophylle
Si de la matière foliaire est transformée avec le reste, le résultat prend une couleur et un goût de vert. C’est la raison la plus fréquente d’un arôme herbacé dans un produit.
Et elles se vendent quand même
Une marchandise portant beaucoup de feuillage pèse davantage et livre moins. C’est la forme la plus visible du fait de payer du poids plutôt que du contenu.
À quoi servent les petites feuilles
La partie du feuillage qui est réellement transformée.
Elles tombent au parage
Retirer les petites feuilles autour de la fleur est une étape de travail à part entière. Ce qui en tombe est recueilli et transformé plutôt que jeté.
Elles portent assez de glandes
Leur densité dépasse largement celle des feuilles en éventail, même si elle reste inférieure à celle de la fleur. Cela suffit pour qu’une séparation mécanique soit rentable.
Elles sont la matière première des concentrés
Le tamisage à sec, la séparation à l’eau glacée et le pressage travaillent souvent exactement avec cette matière. Le lien entre parage et concentrés est direct et rarement mentionné.
Leur qualité dépend du moment
Parer trop tard signifie des glandes déjà vieillies ; parer trop tôt, des glandes pas encore prêtes. Le moment décide de la valeur de ce sous-produit.
Ce que porte encore la feuille
Tous les poils d’une feuille ne se valent pas.
Des poils simples sans glande
L’essentiel de la pilosité est fait de poils simples et pointus, sans tête glandulaire. Ils ont un rôle mécanique et n’apportent rien à l’arôme ni à la teneur, tout en constituant la plus grande part de ce que l’on observe sur une feuille en éventail.
De petites glandes sans pédicelle
À côté se trouvent de très petites glandes posées presque directement sur le tissu. Elles sont réparties sur toute la plante et livrent si peu qu’une séparation n’a pas de sens.
Des glandes pédicellées près de la fleur seulement
La grande forme pédicellée, la seule qui compte réellement, se concentre sur les bractées et les petites feuilles adjacentes. Sur une feuille en éventail on n’en trouve que de façon isolée.
D’où le fait qu’une partie seulement du feuillage soit utile
L’écart de densité entre feuille en éventail et matériel de parage se compte en multiples. Il explique entièrement pourquoi l’un est transformé et l’autre composté.
Ce que la feuille révèle sur la plante
Quatre observations que les cultivateurs font quotidiennement.
La couleur montre la nutrition
Un vert moyen uniforme passe pour normal ; jaunissements, décolorations ou taches signalent un déséquilibre. Le motif de la décoloration en dit plus long que son intensité.
Le port montre l’environnement
Des feuilles dressées et fermes indiquent de bonnes conditions, des feuilles tombantes trop ou trop peu d’eau. Des bords recourbés vers le bas signalent le plus souvent la chaleur.
La taille montre la vigueur
De grandes feuilles bien formées apparaissent avec assez de lumière et une nutrition suffisante. Des feuilles très petites en haut de la plante font en revanche partie du déroulement normal de la floraison.
La forme montre le groupe
Folioles étroites et longues d’un côté, larges et courtes de l’autre. C’est l’un des caractères sur lesquels s’appuie la classification classique.
Comment la feuille a servi à classer les variétés
Un caractère à qui l’on a fait porter plus qu’il ne peut.
Elle était visible sans instrument
Les premières descriptions botaniques devaient se contenter de ce qui s’observe. La forme de la feuille et la hauteur de la plante étaient les caractères évidents.
Elle est héréditaire
La largeur des folioles suit la génétique et reste stable au sein d’une lignée. En ce sens c’est un caractère réel et non un hasard.
Mais elle ne dit rien du contenu
Le port et la composition suivent des bases héréditaires distinctes. De la forme de la feuille on ne peut déduire ni teneur ni profil aromatique.
Et les croisements l’ont mélangée
Chez la plupart des lignées actuelles, la forme se situe entre les deux formes classiques. Le caractère devient ainsi une nuance plutôt qu’une classification.
D’où vient le symbole
L’histoire du signe est plus courte qu’on ne le suppose.
Les planches botaniques d’abord
Les premières représentations largement diffusées viennent d’herbiers et de traités. C’étaient des aides à la détermination et elles ne portaient aucun message.
Il devient signe dans les années soixante
L’usage comme symbole politique et culturel apparaît en lien avec les mouvements des décennies d’après-guerre. À partir de là, la feuille est moins une plante qu’une position.
La simplification vient de l’impression
Un signe qui doit tenir sur un autocollant, un tissu puis un écran perd ses dents, ses nervures et ses proportions. Il en reste une silhouette à sept pointes.
Aujourd’hui il est surtout commercial
Le signe figure sur des emballages, des vêtements et des enseignes et marque une catégorie de produits. De son sens d’origine, il reste peu de chose dans le commerce.
Ce que la feuille signifie dans la filière fibre
Une branche annexe qui fausse encore la perception.
On cultive pour la tige et la graine
Le chanvre destiné à la fibre et à l’huile est semé pour sa tige et ses graines, pas pour ses feuilles ni ses fleurs. La feuille y est un résidu.
Les feuilles restent le plus souvent au champ
Lors d’une récolte destinée à la fibre, le feuillage n’est en règle générale pas emporté. Il se décompose et retourne au sol comme matière organique.
Les plantes n’ont pas la même allure
Un peuplement destiné à la fibre est semé dense, haut et peu ramifié. La silhouette large du symbole n’y apparaît pratiquement pas.
Et le cadre juridique est différent
La culture pour la fibre relève de règles propres, de listes de variétés propres et de seuils propres. La feuille est la même chez les deux, tout le reste diffère.
Ce qu’on ne peut pas lire sur une feuille
Quatre choses que l’on suppose pourtant régulièrement.
La teneur
Ni le rapport entre les molécules les plus connues ni leur niveau ne se devinent à la forme ou à la couleur. Ces données figurent exclusivement dans le certificat d’analyse.
La variété
Deux lignées différentes peuvent porter des feuilles pratiquement identiques. Une détermination à partir de la feuille est impossible avec les croisements actuels.
L’appartenance au marché
Qu’une plante relève du chanvre se décide par son chimiotype et non par son apparence. Deux plantes visuellement identiques peuvent relever de régimes juridiques opposés.
L’âge de la récolte
Une feuille séchée évolue lentement et renseigne peu sur le moment de la récolte. Les glandes de la fleur donnent là-dessus une réponse bien meilleure.
Combien de feuillage est normal dans une marchandise
Quatre degrés qui existent réellement dans le commerce.
Parage très serré
Pratiquement aucun feuillage visible, seulement les bractées de la fleur elle-même. C’est du travail manuel ou un parage mécanique très soigné, et cela se répercute sur le prix.
Parage normal
Quelques petites feuilles subsistent entre les parties de la fleur. C’est l’état habituel et ce n’est pas un défaut.
Parage lâche
Du feuillage nettement visible autour de la fleur, qui compte dans le poids. Cela renvoie à un travail rapide et à un prix en conséquence plus bas.
Avec des feuilles en éventail
De grandes feuilles dans la marchandise indiquent clairement l’absence de parage. Elles n’apportent rien et elles pèsent.
Pourquoi parage manuel et mécanique diffèrent
La différence se voit sur le produit fini.
La machine va vite
Un procédé mécanique abat en quelques heures ce qui demanderait des jours à la main. Sur des volumes commerciaux, c’est le point décisif.
La machine coûte des glandes
Le mouvement mécanique détache les glandes résineuses de leur pédicelle. La perte se reconnaît à une surface plus mate, moins givrée.
La main travaille plus doucement
En coupant à la main, la matière est déplacée moins souvent et plus délicatement. La couche de glandes se conserve nettement mieux.
L’écart de prix est réel
Le travail manuel coûte plusieurs fois le temps de travail et se vérifie à l’éclat de la surface. C’est l’une des rares indications de qualité que l’œil permet de contrôler.
Ce que devient le résidu de parage
Quatre voies, et une seule est du gaspillage.
La séparation mécanique
Le tamisage à sec ou la séparation à l’eau glacée en extraient les glandes. C’est la voie habituelle et la plus rentable.
L’extraction
Les structures plus importantes transforment ce matériel en extraits. La voie ne devient rentable qu’à partir d’un certain volume et exige des installations propres.
Le compostage
Ce qui porte trop peu de glandes retourne au sol comme matière organique. Pour les feuilles en éventail, c’est régulièrement la seule voie sensée.
La vente comme marchandise
Du matériel riche en feuilles est parfois proposé comme marchandise bon marché. Il revient presque toujours plus cher qu’une matière meilleure, parce que le poids ne livre rien.
Un petit glossaire
Quatre termes qui reviennent sur cette page.
Palmée composée
Une forme de feuille où plusieurs folioles partent d’un même point. C’est le caractère botanique le plus frappant de cette plante.
Feuille en éventail
La grande feuille à long pétiole sur la tige, qui sert à capter la lumière. Elle porte très peu de glandes et n’a pratiquement pas de valeur pour la transformation.
Bractée
La petite structure foliaire qui forme la fleur proprement dite. C’est sur elle que se trouve la plus forte densité de glandes de toute la plante.
Parage
Le retrait du feuillage autour de la fleur après la récolte. Le matériel qui en résulte est la matière première habituelle des concentrés séparés mécaniquement.
Les idées reçues les plus tenaces
Quatre suppositions qui persistent.
Que sept folioles seraient la règle
Sur une plante en croissance, cinq et neuf sont au moins aussi fréquents. Le nombre dépend de l’âge et de la position et n’est pas une constante.
Que la feuille serait la partie précieuse
C’est la partie la plus connue et la plus pauvre de la plante. Ce qui compte se trouve sur la fleur et les petites feuilles adjacentes.
Que la forme indiquerait la teneur
Le port et la composition suivent des bases héréditaires distinctes. La forme de la feuille ne dit absolument rien de la teneur.
Que le feuillage dans la marchandise serait sans importance
Il pèse et ne livre rien, et il apporte de la chlorophylle au produit. C’est la forme la plus visible du poids sans contrepartie.
Questions fréquentes
Combien de folioles porte une feuille
Cela change avec l’âge et la position. La première vraie feuille en porte une, viennent ensuite trois, cinq, sept et davantage par pas impairs, et en floraison le nombre redescend. Onze ou treize existent sur des plantes très vigoureuses.
Pourquoi le symbole en montre-t-il alors toujours sept
Parce que sept fonctionne le mieux graphiquement : un nombre impair avec une foliole centrale et autant de voisines de chaque côté, encore lisible imprimé petit. C’est une décision de conception et non une affirmation botanique.
Les grandes feuilles servent-elles à quelque chose
Pratiquement pas pour la transformation. Elles portent très peu de glandes résineuses, sont constituées surtout de tissu foliaire et d’eau, et apportent de la chlorophylle. Les petites feuilles autour de la fleur sont en revanche une matière première courante pour les concentrés.
Puis-je reconnaître la variété à la forme de la feuille
Non. La largeur des folioles est héréditaire et stable au sein d’une lignée, mais deux lignées différentes peuvent porter des feuilles pratiquement identiques, et avec les croisements actuels la forme se situe le plus souvent entre les deux formes classiques.